lundi 21 juillet 2008
Philippe Val est-il un con ?
« Jacques Séguéla est-il un con ? La question reste posée. Et la question restant posée, il ne nous reste plus qu'à poser la réponse. Jacques Séguéla est-il un con ? De deux choses l'une : ou bien Jacques Séguéla est un con, et ça m'étonnerait tout de même un peu, ou bien Jacques Séguéla n'est pas un con, et ça m'étonnerait quand même beaucoup. » Desproges.
Rappel des faits : Un jour en France Val a décidé de virer Siné de Charlie-"défends-moi"-Hebdo. Siné aurait écrit une chronique
antisémite, en fait quelques lignes qu'un lecteur un peu rapide ou mal intentionné pourrait trouver assez étranges. Mais les explications de Siné et son passé permettent très vite de comprendre que ce type n'a pas décidé subitement d'entamer une carrière d'antisémite à près de 80 piges. Il reste simplement le laïcard grande gueule qu'il a toujours été. On en pense ce qu'on veut mais ça ne fait pas de lui un néo-nazi ou même un nouveau Dieudonné.
Donc le problème est ailleurs, le problème il semble que ce soit tout simplement le pouvoir.
Val veut virer Siné parce que ce dernier lui renvoie l'image de ce que Val a pu être à un moment et surtout l'image, même vague, de tout ce qu'il déteste aujourd'hui : les gens qui se tiennent mal, pas ceux qui braillent à Strasbourg au sujet des JO - ceux-ci n'ont jamais empêché un bourgeois de dormir - mais plutôt ceux qui pensent que la lutte des classes ça existe encore, que Sarkozy n'est pas un interlocuteur respectable, que l'Europe politique qu'on nous "propose" n'est pas le stade le plus avancé de la démocratie mais à peu près son contraire, ceux qui pensent que les grèves c'est pas mal comme mode d'action politique et que c'est peut-être plus utile que les mondanités vulgaires organisées avec des gens aussi peu respectables que Finkielkraut, etc.
Val est devenu un homme de pouvoir. Le pouvoir en soi... Pourquoi pas ? Tout dépend de ce que l'on en fait et de comment on l'exerce. Mais voilà, Val est un conservateur, un défenseur de l'ordre établi. Il exerce son pouvoir par intimidation, coups de menton, attaques ad hominem minables et autres procédés sympathiques. Val, enfin et surtout, use et abuse d'une forme de pouvoir symbolique que lui a conféré l'aura du journal qu'il dirige - sans en lire les articles qu'il publie apparement. Et comme chacun sait le capital symbolique peut à un moment, et selon certaines conditions, être converti en capital tout court et le pouvoir symbolique devenir pouvoir temporel.
Imaginons que Val se fasse virer de Charlie ou que le journal disparaisse, serait-ce forcément une bonne nouvelle pour ceux qui détestent Val ? Peut-être pas...
On peut très facilement imaginer Val devenir une sorte de Kouchner des médias et pourquoi pas Val à un poste de direction de France Télévisions dans quelques mois ?
Ce serait tellement dans l'air du temps.
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